Spinvox suscite toujours le débat

La transcription automatique de la parole est un sujet difficile qui a fait d’importants progrès ces dernières années. La dictée vocale, avec adaptation au locuteur, est remarquablement efficace, il suffit d’utiliser Dragon ou MacSpeech pour s’en convaincre. Et on a vu la propagation de ces outils dans le monde médical ces dernières années.

Lorsqu’il s’agit de transcrire sans adaptation, en multi-locuteurs, on est confronté à une dimension complémentaire de complexité. Aussi beaucoup d’experts émettaient des avis pondérés sur l’offre agressive et fortement marketée de Spinvox.

Les experts que nous avions consultés s’accordant à dire que la méthode décrite semblait impossible … et qu’il était surprenant qu’aucun éditeur ou laboratoire ne se présente comme le fournisseur de la technologie ! Ce qui nous rappelle les annonces très anticipées de feu Lernout & Hauspie …

Et voilà que quelques articles déchaînent les passions dans le monde anglo saxon !

Un premier article, paru dans Telecoms, présentait une réponse officielle de Spinvox à ses détracteurs en expliquant que les humains étaient nécessaires à la correction. Telecoms avait en effet fait état de révélations d’anciens employés, comme quoi en fait de reconnaissance vocale il s’agissait de plateaux téléphoniques en Afrique et Asie, laissant planer une ombre sur le respect de la vie privée …

La BBC annonçait, pour sa part, des difficultés financières, l’interdiction d’accès au data center pour factures impayées …

Certains employés n’étant plus payés, les langues se délient … et des messages vocaux d’appel à l’aide des transcripteurs pakistanais sont transmis à des utilisateurs.

Et maintenant la BBC publie un article démontrant que les brevets (celui de 2006 et celui de 2009) décrivent un service opéré … par des humains !

De nombreux articles vont suivre ces premières alarmes, The Register vient de publier « Spinvox : the inside story » reprenant le qualificatif de Mechanical Turk (le faux automate joueur d’échecs de Von Kempelen) lancé par James Governor sur Twitter.

Une note d’optimisme ? Si Spinvox a voulu aller plus vite que la musique, il n’en reste pas moins que la transcription automatique fonctionne, progresse, et apporte de véritables nouvelles opportunités !

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