La fin des virus pour les aveugles …

AVAST Software, l’éditeur du célèbre logiciel anti-virus gratuit avast!, poursuit son désir d’universalité en proposant une nouvelle mise à jour de son anti-virus à destination des aveugles et déficients visuels.

Une nouvelle version rendue possible grâce à de jeunes aveugles passionnés d’informatique. C’est en effet un groupe de déficients visuels passionnés d’informatique issus du Centre TEREZA en République Tchèque, qui a contacté AVAST SOFTWARE pour l’informer de l’absence d’une version accessible aux aveugles et déficients visuels.

Ondrej Vlcek, Directeur Technique d’AVAST Software se souvient : « Ils se sont plaints que la version d’avast! 5.0 n’était pas compatible avec les lecteurs d’écran. Je leur ai dit que nous allions la corriger. Ce à quoi ils ont immédiatement répondu : donnez nous la version bêta pour que nous la testions !“

Grâce au lecteur d’écran JAWS (produit par la société Freedom Scientific en partenariat avec Microsoft) le texte affiché sur écran est transformé en texte oral et braille, et permet d’interagir avec le système d’exploitation et les logiciels. Pour un aveugle, l’affichage simple d’avertissements de sécurité sur l’écran de son ordinateur n’a guère d’utilité.

L’abondance des visuels dans de nombreux programmes complique le fonctionnement du lecteur d’écran. « Les graphismes sont un problème. Le mieux est lorsqu’un programme a des paramètres communs simples, sans javascripts ou objets en mouvement », déclare Radek Seifert avant d’ajouter: « Un lecteur d’écran est un programme complexe pour tous, pas seulement pour les non-voyants. Il est parfois difficile à régler car il y a de très minces différences dans les réglages de lecture et ceux des distinctions entre les fenêtres. Cela dépend aussi souvent des connaissances informatiques de chaque utilisateur ».

Une forme de collaboration constructive que l’on aimerait voir se répandre …

L’iPhone 3Gs à l’épreuve …

Beaucoup a été dit sur l’usage du vocal dans la nouvelle version du smartphone d’Apple, voici un intéressant topo de Mébarek Boudemia, un déficient visuel qui a eu l’occasion de le tester.

En premier lieu, l’interface voiceOver :

Il suffit de toucher n’importe où l’écran de l’iphone et la synthèse nous dit sur quel élément nous sommes. En faisant glisser son doigt, on se déplace d’éléments en éléments énoncé par voiceOver. Si l’élément que nous recherchons est trouvé, il suffit de tapotter deux fois rapidement pour accéder au sous-menu.

Au début je trouvais ça très bien et puis en faisant des essai et me documentant un peu aussi, j’ai découvert qu’on était pas obligé de balader son doigt partout. En fait, si on fait glisser deux doigts de haut en bas ou de bas en haut, la synthèse nous donne la liste de tous les éléments visibles à l’écran selon la direction de notre geste. Dès que l’élément voulu a été prononcé par voiceOver, il suffit de toucher l’écran pour stopper la synthèse. Cette fonction est très pratique lorsqu’on se trouve dans un écran que l’on ne connais pas bien.

Il est fréquent également que tous les éléments d’un menu ne tiennent pas sur l’écran, et donc, il faut pouvoir passer d’un écran à l’autre. De la même façon que précédemment, on glisse de bas en haut ou de haut en bas sur l’écran mais cette fois-ci avec trois doits et là synthèse nous donne la liste des éléments : par exemple : éléments 10 sur 250, 28 sur 250. Cette fonction revient à faire page précédente ou suivante.

Je dois dire que c’est bluffant dans la mesure où tout est très intuitif et que l’on ne se soucie pas de savoir où est une zone de texte, ou un bouton de menu car il suffit de poser son doigt et la lecture du bouton de menu est activée automatiquement. Pour interrompre la synthèse il suffit de poser son doigt n’importe où sur l’écran.

C’est exactement la même chose sur safari, le navigateur internet d’Apple. L’accès à internet est aisé.

Concernant le clavier de saisie pour du texte, SMS, Internet : il suffit de toucher la lettre que l’on souhaite et de tapotter deux fois rapidement pour faire avancer le curseur. La lettre est biensûr énoncée par la synthèse.

Le clavier est très simple puisque les lettres sont disposées en azerty. A mon avis il faut vien connaître son clavier azerty pour éviter de perdre trop de temps. C’est une habitude à prendre mais je trouve ça simple et je peu comprendre que le clavier de saisie puisse en décourager certains.

On procèdera de la même façon pour taper un numéro de téléphone.

VoicieOver est très réactif et la synthèse, en plus du texte, délivre des sons qui nous informent lorsqu’un menu est validé, lorsqu’on atteint le bas de l’écran, lorsqu’on fait glisser ses doigts sur l’écran. Bref, tout ce que Jaws ou Talks (NDLR : les logiciels PC les plus utilisés par les déficients visuels) nous disent de manière automatique, voiceover émet des petits sons très courts afin de ne pas charger la synthèse par des informations que l’on peut obtenir en moins d’une seconde. Ceci à l’avantage d’avoir une synthèse qui ne donne que les informations pertinantes. Pas de blabla !

Lorsqu’on veut passer un appel : deux possibilité, soit on touche (contact) deux fois rapidement et on touche le contact de la liste puis le bouton appel, soit on peut avoir recours à voiceControl qui se déclenche par un bouton physique (le seul sur L’iphone) situé en bas de l’écran et on dit simplement : appeler Jean-Marc, appeler DUPONT. Voice control nous répond : appel Jean-marc, appel DUPONT. La numérotation commence alors.

En bref, il suffit de prononcer le nom ou le prénom d’un contact pour que l’iPhone le compose pour nous. Lorsque un contact a deux numéros de téléphone, il suffit d’ajouter : appeler Jean-Marc travail.

Très pratique ce voicecontrol puisqu’on est pas obligé de réaliser des fiches audio pour chaque contact comme sur les nokia.

Lorsqu’on veut composer un numéro de téléphone : il suffit de dire « appeler : 0 6 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 » et voiceover le compose.

Attention, il faut dicter le numéro chiffre par chiffre, ce qui est un peu agaçant, d’où l’intérêt d’avoir un répertoir bien fourni de manière à simplement donner le nom ou le prénom.

Voicie control est également oppérant dans la fonction ipod de l’iphone et il se comporte eactement comme le Kapten de chez KAPSYS pour ceux qui connaissent. Sinon, on peut se servir de ses doigts.

Je referai un autre point sur l’iphone dans quelque temps mais pour finir, je dirai que le fait de toucher les éléments sur l’écran nous donne la même disposition que les voyants, ce qui nous permet d’aider ou d’être aidé pour indiquer l’endroit précis d’un lien sur l’écran.

Je dirai également que l’autonomie est nettement améliorée avec ce système car lorsqu’on utilise une application ou un site internet plusieurs fois, à force on sait où est placé tel bouton ou tel lien sur l’écran et cela nous permet d’y aller plus vite qu’avec Jaws ou Talks.

Pour finir ce système tactile nous permet de nous faire une image mentale de la disposition d’une application ou d’une page internet et à ce titre je pense que nous allons y gagner beaucoup en rapidité et en efficacité.

Imaginons qu’on puisse sur les PC avoir un écran tactile de 19 pouces équipé d’une telle interface, nous vivrions l’informatique autrement.

Toucher c’est quand même le propre d’un non-voyant mais par contre les non-voyants parkinsonniens s’abstenir !!!

Le braille se dope à la synthèse vocale

Deux siècles après la naissance du Français Louis Braille, son système d’écriture s’adapte à de nouveaux utilisateurs parmi les 42 millions d’aveugles dans le monde, notamment les personnes âgées, grâce aux nouvelles technologies.

Grand comme un livre de poche le « bloc-note braille » électronique, vendu par l’allemand Baum, permet une lecture tactile, par défilement des picots de l’alphabet braille. L’utilisateur peut compléter par la synthèse vocale, à vitesse réglable, par exemple pour les personnes âgées dont la vue baisse mais qui ne maîtrisent pas le braille.

La complémentarité entre braille et synthèse vocale est l’atout des logiciels « Jaws », qui permettent aux aveugles de déchiffrer des pages Internet, malgré l’obstacle des illustrations, pas transposables, et de l’éclatement du texte en de multiples entrées.

« Alors que le développement des synthèses vocales avait permis aux détracteurs du braille de prévoir sa disparition », l’audio et le tactile deviennent en réalité « de plus en plus complémentaires », observe Philippe Chazal, expert à l’Union Européenne des Aveugles. Selon lui, Internet est pour les non-voyants « une révolution presque aussi importante que l’invention du braille », en donnant « accès à des bibliothèques virtuelles » et des documentations jusque là inaccessibles. La bibliothèque Braille rassemble 26.000 ouvrages à Paris et s’agrandit rapidement, au rythme de 600 par an, indique Françoise Madray, qui a « écrit trois fois plus d’articles » scientifiques, après avoir eu accès au braille numérique. De nouveaux métiers s’ouvrent ainsi aux aveugles, qui deviennent comptables ou analystes-programmeurs, à condition de lire et écrire le braille.

« Ils étaient souvent standardistes. On les retrouve aujourd’hui dans les centres d’appel, à des postes où il faut combiner écoute du client et lecture de documents », indique Jean-Luc Augaudy, ancien enseignant de braille qui a fondé en 1990 la société Ceciaa (distribution de matériel technologique).

Aux Etats-Unis, la Fédération nationale des aveugles (NFB) s’est associée à Nokia pour lancer en août le téléphone N82 KNFB, équipé d’une mini-caméra permettant de lire un texte scané, sur place et vocalement grâce au téléphone, ou chez soi en braille.

Un autre produit, primé cette année, plus expérimental, le « Top-Braille », gros comme une souris d’ordinateur, scanne le texte pour le restituer immédiatement, vocalement ou en braille. Son inventeur, le Français Raoul Parienti, en a vendu 138 et a divisé le prix par deux, à 1.680 euros, avec le soutien de capitaux-risqueurs.

La diffusion de ces technologies reste cependant freinée par des prix prohibitifs, faute d’une clientèle assez large pour rentabiliser les coûts.

DELL, crédit Agricole …

Jeudi dernier, Xavier Bertrand, Nadine Morano, et Laurence Parisot lançaient l’observatoire de la Parentalité à l’assemblée nationale.

DELL s’y est associé, avec nombre de grandes entreprises, et annonçait aussi un accord d’entreprise pour ouvrir le monde du travail aux personnes handicapées (recrutement de 30 personnes sur 3 ans, participation à des forums de recrutement, financement et équipement d’associations spécialisées, etc…), et à l’offre d’équipement informatique « Dell Vocal » mise en place en partenariat avec CECIAA, celle-ci propose aux personnes en situation de déficience visuels des prix compétitifs sur l’ensemble de la gamme Dell, incluant le logiciel JAWS (Job Access With Speech) et un outil de synthèse vocale.

Dans le même temps, le Crédit agricole de Quimper plongeait une trentaine de salariés dans l’obscurité totale, le temps d’une pause brunch, pour qu’ils se fassent une idée plus précise de la cécité. Judith, une jeune étudiante aveugle, tout en tapotant sur son ordinateur à synthèse vocale, explique : « Je travaille de temps en temps pour l’agence. C’est très valorisant. Dans le noir, les choses sont inversées. Les gens ont réellement besoin de nous. On devient leurs yeux. On les apaise, on plaisante. On explique aussi comment on fait, au quotidien, pour mener notre vie ».

Un bilan très positif pour Frédérique Thépot, chargée de mission handicap au Crédit agricole. « Le développement du multimédia et les ordinateurs à synthèse vocale vont nous ouvrir de nouvelles portes. On n’a pas dit notre dernier mot ».