Un nouveau SVP 11 11 ?

Jo Lernout, le co-fondateur de feu Lernout & Hauspie, explique au journal belge Trends que «La vente de chocolat et de jouets en peluche, ce n’est pas ma tasse de thé. Je suis donc revenu les deux pieds sur terre !»

Aussi annonce t’il le service MiaMia, basé sur le projet Sofia mis en sommeil lors de la faillite de L&H en 2000. Il s’agit d’un service de renseignement où les questions pourront être posées par SMS, message vocal ou e-mail. Vadim Berman a dirigé des chercheurs pour développer le système qui analyse sémantiquement la question pour chercher la réponse. En cas d’échec, des agents basés aux Philippines répondront.

Le service a déjà été testé dans quelques pays et devrait être prochainement lancé sur BlackBerry. Reste à voir quel sera le business model et la qualité des résultats …

Pour le tester vocalement : +32 2 792 4854 et par SMS : +44 76 2480 6526

Lernout & Hauspie … dernier épisode ?

Nous rappellions, en septembre 2007, l’histoire de ce pionnier belge des technologies vocales.

Au tribunal d’Ypres, le procès vient de reprendre son cours, avec une vingtaine de personnes qui se portent partie civile, autour du détournement présumé de 9 millions d’euros. Jo Lernout clame son innocence et demande même les excuses de son ancien associé Pol Hauspie, qui a partiellement reconnu les faits.

Il est vrai qu’à l’époque certains financiers avaient des façons créatives de comptabiliser les recettes, afin de publier des communiqués favorables. On voit encore aujourd’hui ce que peut engendrer cette créativité …

Nuance avance …

En préparation du Mobile World Congress, Nuance nous a reçu et présenté ses nouveautés.

Il est clair que le dynamisme de cette entreprise n’est plus a démontrer. Les sceptiques d’autrefois, qui regardaient avec étonnement Scansoft, spécialiste de l’OCR se diversifier en rachetant Lernout & Hauspie puis SpeechWorks puis … Nuance (et quelques autres) se sont tus. Car en 15 ans, avec 650 brevets et quelques 3500 employés sur la planète, les résultats sont bien là !

3 000 hôpitaux qui font de la dictée de rapports, 21 millions d’adeptes de dictée vocale, 2 milliards de mobiles avec module de reconnaissance vocale, 7 milliards d’appels traités en automatique chaque année … et ce n’est pas fini.

Avec le rachat de VoiceSignal, Nuance compte bien devenir aussi un acteur majeur de la recherche locale vocale. L’annuaire est un véritable challenge où beaucoup reste à faire. Car il ne suffit pas de trouver un contact, il est aussi fort utile de proposer des services allant du top des infos à la dictée de SMS en passant par le VoiceMail.

Cela peut sembler un gadget, mais la nouvelle fonction T9 Discovery Tool nous a parue bien intentionnée … et redoutablement utile. Il s’agit tout simplement d’un explorateur de mobile : tapez 3 ou 4 lettres (sans même vous soucier exactement de la lettre, la touche 2 suffit que vous souhaitiez un A ou un C) et l’outil vous trouve la fonction interne ou le service distant correspondant ! Vous trouverez ainsi les fonctions si bien cachées eu 5ème sous niveau d’arborescence …

Si vous passez par Barcelone, un détour s’impose au stand H2D88 dans le Hall 2, pour découvrir les possibilités de Nuance.

Qui se souvient de Lernout & Hauspie ?

Alors que la cour de justice européenne de Luxembourg confirme la condamnation pour « abus de position dominante » de Microsoft, prononcée en mars 2004 par la Commission européenne, avec notamment les plaintes d’Alcatel Lucent et ATT pour violation de brevets de reconnaissance vocale, le procès Lernout & Hauspie va bientôt reprendre en appel en Belgique, et d’autres acteurs (Dexia, KPMG) semblent impliqués … un petit rappel sur une étrange aventure.

Jo Lernout et Pol Hauspie … du rêve au cauchemar ?

L&H a été fondée en 1987 par Jo Lernout et Pol Hauspie, persuadés que les techniques vocales allaient ouvrir un marché florissant. Il faudra 8 ans pour vraiment démarrer et s’introduire en bourse (Nasdaq en premier, puis Easdaq). Basé à Ypres,innovant dans une Belgique attentive, L&H devint la plus belle réussite belge en matière de nouvelles technologies et le pilier de ce que l’on appella la Flanders Valley et encouragea de nombreuses initiatives. Ayant acquis Dictaphone puis Dragon Systems, L&H paria sur les logiciels de dictée vocale. Séduits, Intel, Microsoft et la région Flandres investissent des dizaines de millions de dollars dans l’affaire, la capitalisation boursière atteint 9 milliards de dollars.

Mais en 2000 certains experts commencent à douter des annonces technologiques, alors que les laboratoires les plus réputés n’arrivent pas à approcher les mêmes performances. En parallèle, quelques experts financiers de Goldman Sachs questionnent les résultats financiers. Le Wall Street Journal révèle en août que les revenus annoncés par la filiale asiatique sont au moins doublés fictivement … L’enquête montrera que 45% de l’ensemble des ventes étaient fictives. En avril 2001 les fondateurs et leur directeur général sont arrêtés, pris par le plus grand scandale financier … avant Enron ! 600 millions de dollars de dettes et les économies de 17 000 actionnaires vont s’évanouir.

C’est Scansoft, spécialiste de la reconnaissance optique qui reprendra les actifs, pour 20 millions de dollars, avant de les développer, d’acquérir SpeechWorks puis Nuance, pour justement, se rebaptiser Nuance.

Le cabinet d’audit KPMG, un des leaders mondiaux du secteur, a participé à cette gigantesque fraude pour couvrir les véritables chiffres de L&H, maintenant c’est Dexia qui est poursuivi pour s’être approprié 30 millions de dollars investis par une société asiatique …

Cette aventure montre encore une fois combien la pression de la valorisation boursière, surtout dans les années de la fameuse bulle Internet a pu mener des dirigeants à la fraude.

L’aspect positif c’est que L&H tira fortement les technologies vocales, induisant beaucoup d’initiatives et propageant les travaux des meilleurs ingénieurs. Les anciens se retrouvent aujourd’hui tant chez Nuance que chez TeleAtlas ou les grands opérateurs de Telecom.